Marathon du Mont Blanc 2014

Le marathon du Mont Blanc servait également cette année de championnat du monde de skyrunning. Il y avait 2000 places (parties en quelques heures le jour de l’inscription) + des places réservées pour l’élite et les teams internationales. Nous pensions être un peu moins de 2500 inscrits pour ce trail de 42km avec 2722m de dénivelé positif et 1674m en négatif.
Le départ était prévu à Chamonix (1035m) à 7h00 dimanche pour une arrivée à Planpraz à (2050m) avec un retour des coureurs à Chamonix par télécabine.
La météo s’est dégradée et le parcours a été modifié la veille au soir : le passage à l’Aiguille des Posettes (2205m) trop venteux a été annulé et l’arrivée à Planpraz également (2016m), remplacée par une descente (interminable !) et une arrivée sur Chamonix. Nous avons « psychoté » la veille en nous demandant si le parcours serait plus simple ou non à gérer car il y avait pas mal de dénivelé négatif rajouté en fin de parcours, ce qui pouvait être pénalisant (ou non) selon le profil de coureur (bon descendeur ou non). De plus, le coureur qui nous avait prévenu, nous avait signalé que le collant long, le bonnet, les gants seraient fortement recommandés par l’organisation !
Après une courte nuit interrompue par intermittence par de forts ronflements dans notre chambrée de 6 personnes, nous nous sommes rendus au départ avec nos vestes imperméables sur le dos. En effet la pluie et le froid nous a accompagnés tout au long du marathon.
Partis en queue de peloton, j’ai mis 1’15 à rejoindre la ligne et j’ai continué à marcher un bon moment avant de pouvoir courir convenablement. J’ai zigzagué sur les trottoirs pour essayer de rejoindre le milieu de peloton. J’avais en tête 5h30 (estimation de Pierre qui l’avait couru l’année dernière) et j’ai eu un peu peur en voyant les premiers chemins déjà bien gorgés d’eau. J’avais prévu de partir assez vite pour faire les 10er km (et les 380m+ depuis le départ) en moins de 55min. Je suis finalement arrivée à Argentière en 1h00 mais en ayant doublé déjà plusieurs centaines de personnes (354ème). Du coup je ne me suis pas arrêté du tout au 1er ravitaillement et j’ai poursuivi vers Vallorcine en rangeant ma veste dans le sac malgré la pluie, car je commençais à avoir chaud en direction du Col des Montets (1465m) …et je préférais la « réserver » pour le col des posettes, plus haut, malgré un T-shirt mouillé.
Nous sommes descendus après ce 1er col par le chemin des Diligences pour rejoindre le Hameau de Vallorcine et un 1er ravitaillement complet (saucisson, sandwich, fromage…). Le chemin n’était pas encore trop boueux, ni trop technique, mais ça allait bien changer par la suite… J’ai juste rempli à ce ravitaillement une gourde souple de 250ml : je suis parti avec 2 gourdes de 500ml d’eau et 2 gourdes de 250ml contenant juste du sucre pour les interchanger aux ravitaillements et gérer ces pauses rapidement, car je savais qu’il y avait beaucoup de monde sur le parcours.
J’ai gagné 44 places sur ce tronçon et j’imaginais encore en gagner en montant au col des Posettes, car je marche assez rapidement dans les montées sèches par rapport aux autres coureurs de mon niveau (contrairement aux descentes !). J’ai gagné en effet 74 places sur ces 3km mais en étant transi, un peu euphorique de monter rapidement sans être dans le rouge. J’en ai eu mal à la poitrine, aux bras et aux mains malgré les manchons, tétanisé par le froid et l’appui sur mes cuisses…j’ai cru que j’allais mourir ! Je plaisante mais ça soufflait pas mal et j’ai vraiment souffert à ce moment-là de la pluie mais je ne voulais pas m’arrêter pour éviter de me refroidir et je doublais des « Miss Salomon » en débardeur !
Je me suis dépêché pour passer le col (1998m) en mode « Run or Die » et redescendre vers Le Tour (1476m), j’ai fait les 4km en moins de 20’… merci le dénivelé négatif…mais je commençais à trouver ça dangereux et j’ai freiné un peu par la suite en rejoignant Tré Le Champs (1381m) même si je connaissais cette portion. Le parcours devenait au fur et mesure des km de plus en plus boueux et technique avec les racines, les rochers glissants, les pierriers instables ou les flaques d’eau ou de boue/bouses devenues très nombreuses. Je continuais à gagner des places et je voyais sur mon GPS que j’avais une bonne allure sans trop jouer avec les « limites du raisonnable ». Apparemment je préfère une météo exécrable, à la chaleur…je vais continuer les cross pluvieux et enneigés je crois.
Après une montée puis une descente très technique dans laquelle je me suis fait dépasser par certains coureurs qui se lâchaient complètement, nous avons entamé la dernière grosse difficulté (enfin c’est ce que je croyais) en montant à La Flégère à 1861m. Je me suis vengé sur cette portion en doublant « les bon descendeurs » et des coureurs qui commençaient à être cramé. Une 4ème pâte de fruit m’a sauvé d’une hypo de justesse dans le dernier mur de La Flégère entre le 35 et 36ème km. Je pense que j’avais pas mal « brûlé » d’énergie dans la descente entre la pluie, le froid, la concentration et…l’appréhension !
Le gros changement de parcours a eu lieu à ce moment-là avec, pour moi, je pense, 6km de descente avec 800m de de dénivelé négatif. Et là…c’était super chaud à gérer entre les cuisses qui commençaient à brûler, des coureurs usés qu’il fallait dépasser sans tomber et des inconscients qui voulaient doubler mais qui ne maitrisaient pas tout le temps leur trajectoire. J’ai d’ailleurs frôlé la chute 2 ou 3 fois en longeant trop le bord du chemin, plus stable, mais à côté du vide ! J’ai enclenché le turbo quand la descente était devenue plus roulante à 3km de l’arrivée pour finir assez vite, emporté par les encouragements de la foule amassée sur les côtés.
Voilà 203ème/2167 en 4h48 sans grosse déconfiture, je suis très satisfait même s’il y a moyen sur ce parcours de faire bien mieux en partant un peu plus devant.
C’est vraiment un trail sympa, très engagé dans les descentes dans la dernière partie avec du monde qui encourage tout au long du parcours même avec une météo exécrable. Nous n’avons malheureusement pas pu profiter complètement du paysage à cause de la bruine et nous n’avons pas vu le Mont Blanc.

80km pour moi si c’est à refaire ! Quand on aime on ne compte pas !

Marathon du Mont Blanc 2014
Marathon du Mont Blanc 2014
Marathon du Mont Blanc 2014
Marathon du Mont Blanc 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *