L’Echappée Belle (144km, 10900mD+)…à refaire

J’ai mis du temps à préparer cette course malgré une blessure au genou après le MIUT. J’y ai beaucoup pensé, j’ai élaboré une stratégie pour la finir, fait de longues randonnées en altitude, des rando courses en Chartreuse et Belledonne pour prévenir mes soucis digestifs récurrents en montagne. Je m’attendais à un tracé difficile d’où un départ cette fois prudent mais pas à une telle chaleur.
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Accompagné de la Team Ap’heros, emmené et assisté par mon ami François, je suis parti motivé de Vizille à 6h00 ce vendredi 26 aout pour rejoindre Aiguebelle sur ce parcours exigeant.

Etape 1  Vizille – Ravitaillement foyer de ski de fond de l’Arselle.

Je pars derrière la Team et les dépasse tranquillement dans la première montée et je rejoins David parti avec le groupe de tête mais décidé à se préserver. Je vais à une bonne allure mais je suis à l’aise, je fais attention à ma respiration et je m’hydrate régulièrement en prévision de la chaleur prévue en milieu de journée. 1er col au bout de 7km. J’arrive au ravitaillement après 17km (1481mD+) en 2h28 en 60ième position. Je remplis mes 2 gourdes tranquillement, mange une banane et repars.

Etape 2 Arselle – Refuge de la Pra

Le paysage devient plus montagneux et splendide avec le Lac Achard, les Cols de l’Infernet, de la Botte, des Leyssines, les lacs Roberts. Je ralentis et arrive au refuge au km 28 avant 11h avec 1/4 d’heure d’avance sur mes prévisions. Je suis encore à l’aise à ce moment là, je fais le plein en diluant ma boisson énergétique (bien trop !) en prévision de la chaleur, prends quelques verres de St Yorres en discutant avec un gars rencontré sur le tour du Beaufortain. J’ai la tête qui tourne malgré mes ravitaillements, je prends mon temps (pas assez !) et repars en direction de la Croix de Belledonne située à 2889m d’altitude.

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Etape 3 refuge de la Pra – Refuge Jean Collet

Il commence à faire chaud et malheureusement, je commence à débrancher mon cerveau dans ce champs de caillasses sauf que je ne m’en rends pas compte à ce moment là. Nous passons les Lacs du Doménon. Je m’octroie à 12h50 une pause à côté d’un coureur complètement cramé, au sommet, pour manger et m’hydrater, la vue est magnifique. J’ai perdu quelques places sur cette montée mais ça n’a aucune importance, je veux finir et en profiter et malgré une faible allure, je commence à avoir des étourdissements, sûrement le mal des montagnes que je suspecte depuis quelques temps car j’ai aussi ce problème en randonnée. Je bascule ensuite vers le col de Freydane et le lac blanc, descente vraiment technique tout en glissades et …j’oublie… de m’hydrater et de manger ! J’ai dilué ma boisson pour éviter les écoeurements, aucun problème de ce côté là cette fois, mais je ne fais plus attention à mon hydratation. J’ai très chaud malgré quelques arrêts dans les torrents et j’arrive à 14h15 très fatigué au refuge malgré une faible allure (87ième). Je m’hydrate et peste un peu contre ces étoudissements qui gachent mon plaisir. Je décide de m’arrêter un petit moment pour me reposer et pour attendre quelques membres de la Team. Je fini par vomir beaucoup d’eau. Je m’aperçois que je n’ai pas suivi du tout ma stratégie hydrique en vidant seulement 1 litre en 3h25 d’effort. Il est trop tard !

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Etape 4 refuge Jean Collet – Habert d’Aiguebelle

Je vois passer Stéphane et David qui n’étaient pas très loin derrière finalement. Après avoir réussi à manger un pain au lait sur le ravitaillement et une compote et m’être réhydrater j’essaie de rattrapper Roland et Yann. Yann nous laissera ensuite seul en forçant un peu l’allure.

Cette partie bien que très jolie a été un vrai calvaire pour moi, j’ai mis 5h pour faire les 9km en vomissant de nombreuses fois malgré de longues pauses. J’ai eu beau m’hydrater et manger, impossible de faire passer ces spasmes et vomissements. Roland est dans le même état que moi mais après une dernière pause, il réussit à repartir et faire passer ses vomissements. Je n’arrive plus à suivre, il me lache et je fini par faire un malaise en vue du ravitaillement d’Habert dans la dernière descente. Impossible de me lever, 2 accompagnateurs remontant dans l’autre sens me motivent mais je n’ai plus de force et je n’arrive plus à parler. je réussis au bout de 10 minutes à prendre 1 pâte de fruit et commence à retrouver un peu de lucidité et la force de me relever. Nicolas me rattrappe à ce moment et m’aide à descendre. J’arrive enfin à l’Habert d’Aiguebelle vers 19h30 (arrivée prévue avant 16h) où Roland se restaure et m’annonce que Yann a abandonné. François est là également pour faire mon assistance. Je ne peux que conseiller un accompagnant à cet endroit car le ravitaillement « express » est trop léger. Je fais un vrai petit repas accompagné d’une bouteille de thé sucré (merci Fanfan !) et commence à reprendre des forces mais pas question de partir tout de suite avec Nicolas et Roland, de nuit après ce qui vient de m’arriver. De nombreux coureurs abandonnent ici. Je me repose et me décide à partir vers 21h, avec un coureur ayant également eu des nausées, sachant que la barrière horaire est à 22h. 

Etape 5 Habert d’Aiguebelle – Le Pleynet

Nous récupérons 3 autres coureurs dont un blessé à la cheville que nous laisserons au col de la Vache avec des bénévoles. Nous n’avançons pas dans ses gros bloc de pierre. Même si les multiples pauses m’aideront au début, je trouve notre allure trop réduite et j’attend sans cesse mes compères épuisés. Ils me rassurent en parlant de la barrière horaire  de 4h qui serait rallongée au vu des lueurs des frontales que nous apercevons loin derrière. Mais après un parcours interminable pour moi vers la station du Pleynet nous arrivons à 5h00 du matin, 1h00 après la barrière horaire ! Nous rendons nos dossards un peu dépité. François est là pour me ramener, il m’a attendu une partie de la nuit. Je suis désolé pour lui car je devais passer avant la nuit. Je suis également frustré car la forme commençait à revenir avec une envie de courir sur les 2-3 dernières heures. Je comptais vraiment sur un bon plat de pates pour me requinquer et repartir pour une deuxième journée. Cet ultra m’a bien « échappé » avec pour la première fois un hors délai !

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Quelques mots pour qualifier cette Echappée Belle :

Dantesque !

Cailloux, cailloux, cailloux !

Les ravitaillements sont un peu juste et peu variés, il faut bien prévoir à manger dans son sac.

66.5% des coureurs abandonneront ou se trouveront hors délai.

Note pour 2017  :

– Un bip pour s’hydrater sur ultra car j’ai tendance à débrancher trop facilement mon cerveau.

– Comme l’assistance est trop compliquée avant le 4ième ravitaillement, prévoir des mini-sandwichs maison  et manger, manger, manger !

– Ecouter ma chérie qui m’avait dit de prendre une vraie casquette et surtout la crème solaire !

Pour les amis traileurs : ne partez pas sur le 144km sans avoir fait quelques reconnaissances du parcours.

100% monotraces – 200% technique – 300% magnifique

1 commentaire sur “L’Echappée Belle (144km, 10900mD+)…à refaire”

  1. On a beau ne pas être débutant on fait encore des bêtises… Bravo pour ta persévérance !
    Avec Vania on se bipe pour boire et manger ça marche !!!

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